Poèmes de condoléances

> A TOI,


La vie était belle
Hier et avant-hier.
Tu es partie bien loin,
Si vite sans prévenir !
Nous ne te verrons plus
Que dans nos souvenirs
Et un jour là-haut
Nous irons te rejoindre.
Nous devrions chanter
Mais la souffrance est si atroce
De ne plus t'avoir avec nous
Pour partager ta joie toujours débordante
Que nous allons pleurer, crier
Comme au jour de notre naissance.

Extrait des célébrations de la mort

Poème de condoléance :  à toi
Poème de condoléances : être fidèle

> ETRE FIDELE


Etre fidèle à ceux qui sont morts, ce n'est pas
S'enfermer dans la douleur.
Il faut continuer de creuser son sillon
Droit et profond.
Comme ils l'auraient fait eux-mêmes,
Comme on l'aurait fait avec eux, pour eux.

Etre fidèle à ceux qui sont morts,
C'est vivre comme ils auraient vécu.
Et les faire vivre avec nous.
Et transmettre leur visage, leur voix, leur message aux autres.
A un fils, à un frère ou à des inconnus,
Aux autres, quels qu'ils soient.
Et la vie tronquée des disparus,
Alors, germera sans fin.
Martin GRAY Le Livre de la Vie

> NE PLEUREZ PAS


Ne pleurez pas, surtout ne pleurez pas,
Car depuis quelque temps était prêt son bagage,
Et l'on emporte si peu, pour un si long voyage,
Une image, un parfum, le souvenir d'un pas.

Qu'a-t-il besoin d'avoir, sur ce chemin perdu,
Il espère y trouver des fleurs, des silences,
Des musiques d'espoir, des musiques de danse,
Des rêves et des éclats de rire qui lui seront rendus.

On dit, que très lointaine, existe une lumière,
Mais qu'il faut traverser un très sombre couloir,
Qu'on tâtonne en aveugle et qu'on est sans espoir,
Qu'on n'a plus de repère et non plus de prière.

Tous les masques que l'on prend et reprend, sont tombés.
C'est le vide absolu, détachement suprême.
Alors, qu'est devenu tout ce monde qu'on aime,
Le temps ne compte plus loin des êtres aimés.

Ne pleurez pas surtout, surtout ne pleurez pas,
S'il existe des lois, il doit régner un maître.
Mais alors, dans ce cas, tout ne peut disparaître,
Une autre vie sera, nous ne le savons pas.

Poème de condoléance : ne pleure pas
Poème de condoléance : rire

> RIRE


Même si la tristesse nous serre aujourd'hui la gorge,
Même si les yeux nous piqueront au moment où son corps
Devra être laissé aux mains d'une destinée inexorable,
Armons-nous d'ores et déjà des meilleurs souvenirs.

Son sourire n'était-il pas ce qui amenait
Un peu de magie dans notre vie ?
Quand il est magnifique, le sourire révèle une âme splendide.
C'est le signe extérieur d'une beauté intérieure
Qui vit en nous et qui, sans lui, Serait souvent invisible aux autres.

Le rire est une chose qui reste dans notre mémoire
Bien après que nos yeux l'aient oublié.
Personne ne résiste à un sourire sincère.
Quant au rire, il est contagieux.
Mais il ne faut pas rire mécaniquement et sans expression.
Le vrai rire tourne le dos au néant
Et fait avancer le monde.
Il préserve la santé des vieux comme celle des jeunes.
Il colore le laid avec des éclaboussures
D'or et d'argent. Il élève les humbles
Et brise les barrières sociales parfois stupides.

Nous qui entrons dans le deuil,
Rappelons-nous que le rire, lui seul,
Nous montrera les choses sous leur vrai jour.
Grâce à lui, en de fugitifs instants,
La mort perd le pouvoir de séparer ceux qui s'aiment.

> ENVOL POUR UN NOUVEAU VOYAGE


Quelqu'un meurt,
et c'est comme des pas qui s'arrêtent.

Mais si c'était un départ
pour un nouveau voyage?

Quelqu'un meurt,
et c'est comme un arbre qui tombe.

Mais si c'était une graine
germant dans une terre nouvelle ?

Quelqu'un meurt,
et c'est comme une porte qui claque.

Mais si c'était un passage
s'ouvrant sur d'autres paysages ?

Quelqu'un meurt,
et c'est comme un silence qui hurle.

Mais s'il nous aidait à
entendre la fragile musique de la vie ?

Poème de condoléance : envol pour le nouveau voyage
Poème de condoléance : L'amour d'un père

> L'AMOUR D'UN PERE


Petites pousses de vie, graines issues de gaieté,
Séchez vos larmes, souriez et restez gaies.
L'amour que portait votre magique Papa,
N'avait d'égal que les limites de l'univers.

Vous repartirez en cours, et vous rejouerez.
Quand vous serez triste, s'ouvriront de nouveaux bras.
Mais sans que vous le sachiez, il vous regardera.
Au fil des années qui passent, son amour veillera en vous.

Plus tard, vos pas rejoindront ceux d'une âme sûr,
Mains enlacées, pour bâtir une vie de bonheur et de joie.
Et quand vos enfants souriront dans vos bras,
A côté de vous, votre Papa sera encore là, présent.

La vie pourra, c'est possible, vous faire tomber.
Maladie sournoise ou état de divorce,
Source de résistance face à l'adversité,
Son amour sera votre cape de dignité.

Et quand les maux de vieillesse vous auront rattrapé(e),
Quand dans votre chambre, on vous aura isolé(e) des autres,
Décrispez vos doigts et restez calme dans le trépas,
Car derrière cette porte, son amour sera encore là pour vous.

Petite pousses de vie, graines issues de gaieté,
Vous comprenez maintenant la force d'amour d'un Papa.
Sur les cimes ou sous chaque pierre,
Sous le chaud équateur ou sur les glaces polaires,
Vous ne trouverez jamais, dans l'espace et le temps,
Une absence de votre Papa qui vous aime tendrement.

18ème Siècle.

> SUR LA MORT D UN ENFANT


L'innocente victime, au terrestre séjour,
N'a vu que le printemps qui lui donna le jour.
Rien n'est resté de lui qu'un nom, un vain nuage,
Un souvenir, un songe, une invisible image.
Adieu, fragile enfant échappé de nos bras;
Adieu, dans la maison d'où l'on ne revient pas.
Nous ne te verrons plus, quand de moissons couverte
La campagne d'été rend la ville déserte;
Dans l'enclos paternel nous ne te verrons plus,
De tes pieds, de tes mains, de tes flancs demi-nus,
Presser l'herbe et les fleurs dont les nymphes de Seine
Couronnent tous les ans les coteaux de Lucienne.
L'axe de l'humble char à tes jeux destiné,
Par de fidèles mains avec toi promené,
Ne sillonnera plus les prés et le rivage.
Tes regards, ton murmure, obscur et doux langage,
N'inquiéteront plus nos soins officieux;
Nous ne recevrons plus avec des cris joyeux
Les efforts impuissants de ta bouche vermeille
A bégayer les sons offerts à ton oreille.
Adieu, dans la demeure où nous nous suivrons tous,
Où ta mère déjà tourne ses yeux jaloux.

Par André Chénier. (1762-1794)
Poème de condoléance : Sur la mort d'un enfant